La mission qu’il leur a confiée est devenue une nécessité vitale !!!

Publié le par Abbé Amédé ZOUNGRANA 1ère Année de Théologie

La mission qu’il leur a confiée est devenue une nécessité vitale !!!

EXHORTATION DU SAMEDI 23 OCTOBRE 2021
VEPRES SOLENNELLES

Actes 4, 13-21

Chers frères en Christ, le passage du livre des Actes des Apôtres que nous venons d’écouter se situe dans le contexte où Pierre et Jean, incarcérés par les chefs du peuple juif pour avoir annoncé en parole et en acte la résurrection du Christ Jésus, ont fait beaucoup de convertis dans le peuple. Ils sont alors sommés de répondre de leurs actes devant le Sanhédrin. Malheureusement, le procès ne prendra pas de temps, puisque le Sanhédrin est déconcerté par la situation de ces braves hérauts de l’évangile. En effet, malgré le fait que ces hommes n’étaient pas passés par une école rabbinique, ils avaient une telle liberté d’expression et une assurance sans égale devant le grand conseil de la nation, ce qui étonnait les juges. La simple éloquence des disciples était d’autant plus étonnante que leur liberté et leur vie dépendaient de leurs auditeurs. Nous pouvons déjà voir ici l’accomplissement de ces paroles rassurantes que Jésus avait dites à ses Apôtres : « Quand ils vous traîneront devant les conseils de synagogues, ou devant les pouvoirs publics et les autorités, ne vous inquiétez pas de ce que vous direz pour votre défense et comment vous le direz. Car l’Esprit Saint vous donnera à cette heure même ce que vous aurez à dire » (Lc 12, 11-12). En outre, eu égard à ce qu’ils enseignaient et aux miracles qu’ils accomplissaient, ces disciples, comme leur Maître d’ailleurs, jouissaient d’une bonne renommée auprès du peuple. En marge de tout cela, la présence de l’infirme guéri fournissait une autre preuve irrécusable de la puissance de Jésus : « Et voyant là présent avec eux l’homme qui avait été guéri, ils n’avaient rien à opposer » (Ac. 4,14). Et comme pour freiner la propagation de cette bonne nouvelle, ces juges interdisent aux disciples de parler et d’enseigner au nom de Jésus. Mais la conviction des disciples s’avère sans équivoque. C’est pourquoi ils préfèrent écouter Dieu plutôt que de faire la volonté des hommes : « Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu ». (Ac 4, 20).

Bien-aimés de Dieu, à travers ce passage, saint Luc nous fait découvrir les joies, les peines et les exigences de la mission que le Christ a confiée autrefois à ses apôtres et qu’il continue de confier aujourd’hui à chacun de nous. En effet, dans le champ de la mission, malgré l’évidence du bien que nous accomplissons au nom de Dieu, nous pouvons constater parfois des résistances, des oppositions ou des persécutions de la part de certaines personnes animées de mauvaise foi, parce que simplement rivées sur leurs intérêts égoïstes. Loin de nous décourager, cela devrait raviver notre ardeur pour la mission afin qu’arrive le règne de Dieu. Car, la mission qui nous est confiée a aussi sa part de croix que nous devons porter avec joie. Mais au-delà des peines, il y a bien de raisons d’action de grâce : la joie de savoir que Jésus est toujours à nos côtés dans cette mission par son Esprit comme il nous l’a dit « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » ; la joie de savoir que la Bonne nouvelle est annoncée et que les gens y adhèrent ; la joie de se sentir aimer et utile au monde. Cependant, pour bénéficier de toutes ces faveurs, il y a des exigences dont on ne saurait se passer. En effet, si Pierre et Jean étaient sereins et convaincus devant le Sanhédrin, c’est justement parce que leur expérience avec le Maître a été si forte au point que la mission qu’il leur a confiée est devenue pour eux une nécessité vitale. C’est pourquoi ils peuvent affirmer sans détour : « Quant à nous il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu ». Pour preuve, il est dit dans le texte qu’on reconnaissait en eux des disciples de Jésus. Ils sont reconnus comme disciples du Christ non forcement parce qu’on les a vus plusieurs fois avec Jésus mais davantage parce qu’à force de demeurer avec le Maître, ils ont été informés et formés par lui. Peut-être que vous en avez aussi fait l’expérience l’une ou l’autre fois, sans même avoir de signe distinctif, des gens vous demande si vous êtes séminaristes ou prêtres, tout simplement parce qu’à travers votre manière d’être, ils perçoivent des signes qui caractérisent ce monde religieux. Cela est glorieux. Mais si malgré ces nombreuses années d’études, le clergyman ou la soutane on n’arrive pas à voir en nous des hommes de Dieu, je crois que nous sommes les plus à plaindre. Chers amis, comme les Apôtres, nous aussi c’est en demeurant avec le Maître à travers la fréquentation des sacrements, l’adoration, la méditation, l’oraison que nous pourrons devenir de véritables témoins du Christ dans le monde. Que Dieu nous en donne la grâce, lui qui nous aime maintenant et pour les siècles des siècles.

Augustin SANOU, Diacre

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